Posts
Mon pauvre cœur est un hibou
Qu'on cloue, qu'on décloue, qu'on recloue
Guillaume Apollonaire.
Elle a dit, qu'il fallait que j'arrête.
Ai-je malgré moi recommencé?
It's done.
Je ne trouve plus les mots en français alors ca vient dans d'autres langue.
Un goût âpre au fond de la gorge. Sensation de trop tard, ce qui est fait est fait, ce qui est fait n'est plus à faire. Ce qui est fait n'est surtout pas à refaire.
Alors oui, bien sur, on ne peut pas tomber plus bas que terre, et de là on peut toujours se relever. Sauf peut être, quand on est dejà enterrée vivante.
Quelle belle connerie. Sono non presta. Non presta! Andato et basta. Tutto finito. Que Stupida stronza fato.
Quelle idiote. Je découvre beaucoup de choses sur moi, en moi, ces derniers temps. Beaucoup de choses difficiles à admettre. Comme à quel point j'ai pu blesser, décevoir.
A quel point je suis finalement vide. Faible. Fragile.
"Peut être que tu es partie trop tôt de la maison. Il te manque les bases les plus évidentes. Une certaine confiance en toi. L'humilité d'accepter que tu ne peux pas, ne sais pas, tout faire seule. Accepter que tu peux demander de l'aide. Ou même juste de conseils."
Quelques phrases qui m'enferment dans mon chagrin et mes réflexions, en long, en large... Et en travers (Devrais-je dire De travers?)
Je me braque, conteste. Et finis par pleurer. C'est la preuve. Ben oui. Mais ce qui est fait est fait et on n'y peut rien. On ne peut pas revenir en arrière.
("I, I am the best ballerina of the American Ballet Academy. And you? Who you are? Nobody!!)
Est-ce que j'essaie d'assumer quelque chose que je ne peux pas? Quelque chose de trop fort? Trop important?
Qu'est-ce que je veux? Pourquoi je le veux? Et surtout, une fois que je l'aurai?
Grand nettoyage de printemps. Ca me rapelle ma "periode blanche"...
Je les ai deçu. Ca y est c'est fait. A force de tout faire dans le but de ne pas les decevoir, j'ai fini par le faire. Et comme toutes les choses que je fais, en toute splendeur.
J'ai perdu a mon propre jeu. Mis la barre trop haute? Une jambe sur la barre ne peut pas être la même hauteur qu'un pied dans la main. Il faut que j'apprenne a savoir ou sont les limites. Mes limites. Que je ne peux pas faire les mêmes battements que Guillem, pas les même pirouettes que Barysnikov, pas les mêmes sauts que Noureev... Que je suis juste moi même, avec mes bras mon dos et mes pauvres pieds. Que mon atout n'est pas mon corps. Mais en fait je crois que je le savais dejà. Peut être pour ca que j'essaie tant d ele changer, pensant peut être qu'un beau physique me donnerait une belle danse.
Pensées crachées en vrac et jetées en boule dans un coin. Mon cerveau est mort ce soir, et mes yeux aveugles pour quelques jours.
Je me sens vide.
Vide de sens,vide de vie, vide d'idées, vide de réflexion, vide, vide, vide....
Impression de ne plus avoir ni cœur, ni entrailles, ni viscères, ni quoi que ce soit qui puisse vibrer, travailler, réfléchir à l'intérieur de moi.
Une page qui bleuit sous ma main, incapable pourtant de retranscrire toute cette immensité, déserte de tout, vide à perte de vue.
Impression d'être en apesanteur,
Mon corps refuse de se plier à l'exercice. La musique passe et repasse dans la pièce, glisse sur moi ne m'atteins pas, ne me pénètre pas. Elle est tout autours de moi et pourtant je ne la ressens pas, ne l'entends pas plus si je monte le volume de ma chaine, ne passe pas dans mon corps, ne guide pas mes membres.
Elle ne fait apparaitre à mes yeux aucune image, aucun mouvement, ne donne aucune direction, ne secoue pas mes membres d'accents hauts et bas...Ne me donne aucune piste à explorer, aucune ébauche de mouvement à tester, aucune sensation à chercher, à retrouver, à transformer en danse.
Je suis hors de moi même, hors de mon corps.
Les quatre pirouettes passées plusieurs fois aujourd'hui, en dehors et en dedans, ne m'ont pas laissé sur le corps ce gout d'envol, cette sensation de liberté, cette étrange ressenti de la maitrise de soi...Elles ne m'ont pas transporté vers les hautes sphères de la rotation infinie, avec son rythme bien a elle, ses coups de tête réguliers, cet étirement du corps qui m'en fini plus... Tout juste capable de savoir (et non ressentir) que mon axe était d'une verticalité de fil à plombs, les bras ronds, la fesse rentrée, la cuisse endehors, le pied parfaitement au genoux.
Aucune sensation pourtant caracteristique de bien être de regularité, de rondeur du mouvement...
J'écris au soleil et pourtant les rayons glissent sur moi sans percer les tissus, rechauffer la chair, durcir les os...
Serais-je devenue imperméable à toutes sensations?
Ne suis-je plus qu'une boite vide, sans valeur, sans secret dans le double fond, sans histoire?
N'ai-je plus rien à sortir de moi même?
Suis-je devenue la prfaite interprète, capable de tout reproduire mais ne ressentant rien? Ne donnant rien d'elle même dans ce qu'elle fait, ne s'impregnant pas du monde qui l'entoure, des sentiments qu'elle a?
Alors, je change de musique et je mets celles qui en tout temps, à tout moment, en toutes circonstances sont capable de m'émouvoir au plus haut point, dans un sens au dans l'autre.
Celles qui me font pleurer, celles qui me font chanter a tue tête faux comme une casserole, celles qui me font sourire, celles qui m'envoient dans mes rêves,celles qui me font sauter comme un diable sort de sa boite.
Je me suis enfin rendue compte qu'elles avaient emplie la pièce quand je me suis retrouvée dans un silence à la fois pesant et bienfaisant.
Aucun sourire, aucune larme n'a traversé mon visage, et mon esprit ne m'a pas emmené vers de lointaines contrées, d'autres vies a vivre, d'autres personnes à être...
(Tout va pour le mieux en ce moment.
C'est pour cela que dans la loi des séries, mon nerf sciatique a décidé de quitter son emplacement habituel pour se loger entre la peau de mon dos et les os qui se trouvent constituer ma colonne vertébrale.
C'est aussi pour cela qu'une douleur horrible irradie ma fesse et ma jambe gauche depuis une dizaine d'heures.
C'est pour cette même loi que ma chiro se trouve en vacances depuis trois jours et qu'elle ne rentre que lundi.
C'est pour ca que la seule cops qui sait remettre ca en place est en train de coacher des petites gymnastes prometteuses à une competition a l'autre bout du monde. (Bon ok les USA ne sont peut être pas géographiquement "l'autre bout du monde", mais quand même.)
C'est dans la même optique que je me suis deplacé ce nerf suffisament tard pour que toutes les pharmacies soient fermées et que je n'ai evidemment aucun Doliprane ou substitut portant un nom approchant à la maison.
Le nerf sciatique est le nerf le plus douloureux qui soit au monde je pense.
J'ai mal. Très mal. Debout couchée, assise, aucune position ne me laisse de répit.
Je ne sais pas quoi faire pour penser à autre chose.)
J'ai les nerfs qui lachent. Je voudrais que ca bouge, je voudrais que ca evolue mais la situation reste sensiblement la même.
Je voudrais tellement de choses qui semblent de plus en plus inaccessibles alors qu'elles etaient encore a porté d'orteils il y a quelques semaines, quelques mois... Je ne sais plus.
Je suis nerveuse et pourtant empatée dans une incapacité monumentale à me decider a prendre cette decision, pourtant seule qui s'impose, de plus en plus claire, de plus en plus nette, de plus en plus précise, de plus en plus évidente de moins en moins evitable a l'horizon.
Je ne veux pas et ne peux pourtant faire autrement. Je ne peux m'y résoudre et ne peux pourtant plus envisager de continuer comme ca. Je sais ne pas avoir d'autres choix mais ne veux pas le voir.
Je prends l'évidence et la cache sous un tas de raisons opposées plus evidemment mauvaises les unes que les autres.
Je m'entête dans une voie qui ne veux pas de moi et qui pourtant m'apelle, m'attire et me rejette de toute sa force.
Je m'autodetruis.
C'est dit.
Je le sais et feins de ne pas le savoir. Je le vois et cache mes yeux derrière des mains aux doigts ecartés pour pouvoir pretendre ne pas l'avoir vu.J e l'entends et crie pour ne plus l'entendre. Comme si ca devait changer l'ordre des choses.
La vie est ainsi faite que je ne vivrais jamais de la seule chose qui me fait vivre.
Tout d'abords, j'ai failli être engagée pour un an à Madrid.
Enfin j'ai été engagée pour un an à Madrid. J'ai signé mon contrat, bu des flutes de champagne à n'en plus finir, fais une super fête avec les copines, commencé a chercher un appart, voir comment je pouvais louer le parisien durant cette année madrilène.... Tout ça tout ça.
Et puis un matin , je me suis levée avec le sourire aux lèvres, je me suis préparé un thé fumant, et j'ai commencé a m'habiller pour partir à la classe.
Et le téléphone a sonné. Et il y a une dame qui m'a parlé en anglais, avec un accent espagnol. Elle avait un ton désolé et moi je ne voulais pas comprendre ce qu'elle voulait me dire. Impossible. On ne peut pas me faire ça après que j'y ai cru a ce point là, après que tout ça ait été si réel.
Ils (le gouvernement) n'ont pas renouvelé les subventions, nous n'avons pas les moyens de garder tous nos danseurs, nous n'avons donc pas les moyens d'en engager de nouveaux. Vous toucherez l'équivalent d'un mois de salaire pour rupture de contrat par notre faute.
J'ai dis que je comprenais, et j'ai raccroché, très dignement.
Et j'ai pleuré. Tout ce que je pouvais. Toute ma détresse, toute ma rage. J'ai brulé tous les papiers pour les appartements, tout ce qui pouvait me rappeler cette victoire factice et éphémère.
Je ne suis pas allée à la classe.
J'ai ressorti la convocation pour l'audition à Limoges. J'ai relu les conditions.
J'ai continué a pleurer, à ne pas vouloir comprendre.
J'ai fumé une cigarettes, puis deux.
J'ai sorti quelques CDs de mon étagère et j'ai fais du tri. Plus d'une minute, moins d'une minute. J'ai ecouté les musique. Sans les entendre. J'en ai finalement choisi une, je l'ai gravé sur un CD vierge et j'ai loué une salle pour tard dans la soirée.
J'ai fumé plusieurs cigarettes.
Je suis allée au studio, emmitouflée dans un gros sweat et derrière deux joggings superposés, mes yeux rougis cachés par une grosse paire de lunettes de soleil.
Je me suis enfermé dans la salle avec la musique. En une heure, j'ai pondu en pleurant une petite chorégraphie pitoyable, aussi pitoyable que moi.
Aussi pitoyable que mon desaroi, aussi pitoyable que ma colère, aussi pitoyable que tous les sentiments qui bouillaient en moi sans que je puisse les identifier clairement.
En rentrant j'ai acheté un billet de train sur internet.
J'ai fini de fumer mes cigarettes.
Le lendemain, j'ai pris le train, très maquillée, les yeux a peu près ouverts.
J'ai passé l'audition.
Je me suis fait degager assez vite... De toute façon, allez savoir pourquoi, toutes les nenettes qui reussissaient les exercices techniques se faisaient degager. A croire qu'ils ne voulaient que celles qui ne tenaient pas debout. Ils ont même gardé une fille qui n'avait jamais vu une paire de pointes de sa vie. Je lui aurais jeté la mienne dans la figure.
Mais je suis allée fumer une cigarette.
J'ai un peu ri dans un café avec une copine que je n'avais pas vu depuis longtemps et j'ai pris le train du retours.
La j'ai appellé mes parents pour leur apprendre la nouvelle.
J'aurai aimé qu'ils s'enervent, crient, s'indignent, que sais-je...
Ils n'ont fait que de gentils commentaires, que ce n'etait pas ma faute, je ne devais pas pleurer, je n'y etais pour rien, l'année prochaine tu verras.
J'ai raccroché et j'ai fumé.
Depuis je reste chez moi, stores baissés.
Pas envie de danser. Pas envie de me surpasser. Pas envie de voir ce corps gourd et sans grace dans la glace, pas envie de faire l'effort de sourire et d'avoir l'air heureuse. Pas envie de suporter le fait que je serais toute ma vie une ratée.
Pas envie d'assumer le fait de me planter, toujours plus jours apres jours.
Je sors faire quelques services, m'engueuler avec des clients sans vergogne et qui se croient les rois du monde.Puis me faire engueuler par mon patron parce que je manque de tact. Parce qu'il en a du tact lui peut être.
J'ai touché le mois de salaire de dédommagement.
J'ai envie de vomir.
J'ai envie de bouffer.
J'ai envie de boire pour oublier que je bois pour oublier.
J'ai envie de mourir.
Ed ne m'a même pas taguée, mais me sens d'humeur joueuse aujourd'hui...
Alors voila :
1. Mentionner qui vous a passé la chaine
2. Choisir la 6ème photo dans son dossier le plus récent
3. La publier sur son blog
4. Tagger 6 autres blogueurs
Coulisses. Le Lac des Cygnes. Grand Cygne en veste en laine et chausson polaire... Moi... Mais vous m'aviez reconnue... Non?...^^
L'Allemagne, L'autriche, la Suisse? Je ne sais plus ni ou je suis, ni ou je vais.
Italien, Ukrainien, Bulgare, Anglais, Français, je commence des phrases dans une langue, les finis dans une autre et intercalle quelques mots d'une troisieme...
Ballet Classique de Paris... Nous sommes trois françaises, et je suis la seule Parisienne... Si l'on peut dire.
Je me laisse porter, Reveil dans un hotel different chaque matin, petits dejeuners qui se suivent et se ressemblent, on se fais un petit shandwich a grignoter dans la journée, bus.
Puis, Maquillage, coiffage.
Puis scène : classe "enlevez les barres!", puis "merci pour le chauffage les enfants" applaudissements. Mise en place.
Puis on sort les costumes de leurs caisses, on les place pour les changements rapides.
On s'habille, gorgée d'eau, petit café, cigarette, vite fait bien fait cachées dans les toilettes, et on y va!
"Seien Sie Fertig?" (Oui la technique est en Allemand!)
"Musique, Rideau."
Saluts, rideau.
Retours des costumes dans les malles, rhabillage.
Bus.
Nouvel hotel, nouveau numéro de chambre.
Lessive, douche.
On mange une soupe instantanée et au lit.
Parfois une longue conversation, parfois un film si on trouve une chaine française ou italienne (Ma colloc est italienne et caractèrielle. Mais j'l'aime bien. Heureusement après tout ce temps d'ailleurs, sinon nous nous serions certainement entretuées.) Nous devons tous vivre les uns avec les autres, les uns sur les autres même parfois. Je m'adresse aux Bulgares avec mes quatres mots de russe, aux anglais en italien, et aux Italiennes en bulgare. Ils s'adresse à moi tantôt dans une langue, tantôt dans l'autre. On en rit. On s'insurge ensemble des classes de trois heures a fond la caisse lorsqu'"elle" sait que trois spectacles nous attendent dans la journée.
On gueule chacun dans notre coin lorsqu' "elle" a la flemme de nous donner la classe et qu' "elle juge trop fatiguant de se deplacer pour nous dire de nous chauffer seuls.
On s'amuse dans le fond du bus avec des bouteilles de vin chaud que l'on boit froid. Dans toutes les langues, une grimace qui veut dire que c'est degueulasse.
On dort des heures, dans le bus, sous des couvertures achetées pour deux euros 99 a KIK avec des oreillers volés dans les hotels. Les pauses reglementaires du chauffeurs nous permettent de descendre acheter des cigarettes et des cafés a la station service, pour mieux aller se rendormir dans notre petit coin!
Petites habitudes qui se sont installées sans que nous nous en rendions compte.
Cette tournée a instauré une routine dans ma vie. Exactement tout ce que je ne pensais jamais éprouver.
Même si chaque spectacle est différent, chaque théâtre, chaque ville... C'est toujours le même déroulement de la journée. Ce qui devient lègèrement lassant.
Mais j'aime ça.
Et c'est exactement pour ca que je vis.
Du boulot...
Training, audition, repet, audition.
Clés dans la serrure, table sur le lit, musique en boucle, je chorégraphie.
Puis repetition , je leur apprends.
Retours maison, courrier? non.
Dodo une paire d'heure.
Jean, make up, une queue de cheval haute, le limo dans la poche, je suis partie pour la nuit. "Bonsoir, qu'est ce que vous buvez? Une bouteille wyborowa? 120 s'il vous plait.( Leati, une Wybo avec quatre verres, orange et pomme, ca va au coin VIP!) Installez vous votre bouteille arrive!
Bonsoir! Un rhum coca? C'est parti!"... And so and so and so...
6h30, fini de laver le bar, 7h fini les coupes d'après service, jogg enfilé, basket au pieds, je cours à ma repet...
Les journées s'enchainent et se ressemblent, mais heureuse d'avoir du boulot, de danser, de preparer des spectacles...
Bientôt la scène. Enfin un vrai sourire sur mes lèvres.
Envie d'écrire... Mais rien ne sors...