Fuori dal tunel...
Je me sens vide.
Vide de sens,vide de vie, vide d'idées, vide de réflexion, vide, vide, vide....
Impression de ne plus avoir ni cœur, ni entrailles, ni viscères, ni quoi que ce soit qui puisse vibrer, travailler, réfléchir à l'intérieur de moi.
Une page qui bleuit sous ma main, incapable pourtant de retranscrire toute cette immensité, déserte de tout, vide à perte de vue.
Impression d'être en apesanteur,
Mon corps refuse de se plier à l'exercice. La musique passe et repasse dans la pièce, glisse sur moi ne m'atteins pas, ne me pénètre pas. Elle est tout autours de moi et pourtant je ne la ressens pas, ne l'entends pas plus si je monte le volume de ma chaine, ne passe pas dans mon corps, ne guide pas mes membres.
Elle ne fait apparaitre à mes yeux aucune image, aucun mouvement, ne donne aucune direction, ne secoue pas mes membres d'accents hauts et bas...Ne me donne aucune piste à explorer, aucune ébauche de mouvement à tester, aucune sensation à chercher, à retrouver, à transformer en danse.
Je suis hors de moi même, hors de mon corps.
Les quatre pirouettes passées plusieurs fois aujourd'hui, en dehors et en dedans, ne m'ont pas laissé sur le corps ce gout d'envol, cette sensation de liberté, cette étrange ressenti de la maitrise de soi...Elles ne m'ont pas transporté vers les hautes sphères de la rotation infinie, avec son rythme bien a elle, ses coups de tête réguliers, cet étirement du corps qui m'en fini plus... Tout juste capable de savoir (et non ressentir) que mon axe était d'une verticalité de fil à plombs, les bras ronds, la fesse rentrée, la cuisse endehors, le pied parfaitement au genoux.
Aucune sensation pourtant caracteristique de bien être de regularité, de rondeur du mouvement...
J'écris au soleil et pourtant les rayons glissent sur moi sans percer les tissus, rechauffer la chair, durcir les os...
Serais-je devenue imperméable à toutes sensations?
Ne suis-je plus qu'une boite vide, sans valeur, sans secret dans le double fond, sans histoire?
N'ai-je plus rien à sortir de moi même?
Suis-je devenue la prfaite interprète, capable de tout reproduire mais ne ressentant rien? Ne donnant rien d'elle même dans ce qu'elle fait, ne s'impregnant pas du monde qui l'entoure, des sentiments qu'elle a?
Alors, je change de musique et je mets celles qui en tout temps, à tout moment, en toutes circonstances sont capable de m'émouvoir au plus haut point, dans un sens au dans l'autre.
Celles qui me font pleurer, celles qui me font chanter a tue tête faux comme une casserole, celles qui me font sourire, celles qui m'envoient dans mes rêves,celles qui me font sauter comme un diable sort de sa boite.
Je me suis enfin rendue compte qu'elles avaient emplie la pièce quand je me suis retrouvée dans un silence à la fois pesant et bienfaisant.
Aucun sourire, aucune larme n'a traversé mon visage, et mon esprit ne m'a pas emmené vers de lointaines contrées, d'autres vies a vivre, d'autres personnes à être...
Comments
J'imagine cependant que ce doit être frustrant de claquer les quatre tours et de ne pas les sentir. Mais je ne fais qu'imaginer, parce que ça ne m'arrive jamais ^^
Enfin normalement.