Chute Libre.
Tout avait si bien commencé, tout était si parfait, je le savais, je le savais je le savais.
C'était trop bien parti pour durer.
Il n'a jamais su. Jamais. C'était un mauvais dérapage, incontrôlé, sans dommage collatereaux, de genre de ce qui font peur mais dont on ressort indemne. Je ne lui ai pas dit, je voulais le garder,absolument, prête a accepter tellement de choses, sur le point de comprendre ce que c'était d'avoir "quelqu'un dans sa vie". J'étais bien , j'étais si bien assise la à le regarder me sourire, sentir ses mains sur mon visage, ses bras autours de mes épaules...
Et puis la sentence est tombée.
C'est le boulot, trop de boulot, mon taff avant tout. Alors je lui ai répondu que je savais, que j'étais une passionnée avant tout, que si on ne se voyait pas tous les jours c'était pas grave, au contraire, nous serions toujours plus heureux des moments passés ensemble.
Oui mais il avait un choix a faire, il ne pouvait cumuler les deux, impossible, pas maintenant, tu comprend c'est une période décisive de ma vie professionnelle. Oui çà aussi je comprend, mais je suis sure que je peux me faire toute petite.( Je ne veux pas, non, je ne veux surtout pas qu'il parte!!)
Mais tu me mets la pression! QUOI?!!! Comment ça? Quand tu m'envoies des messages, je sais que tu es en train de m'attendre... Je ne pensais pas que te souhaiter bon courage pour ta journée était une sorte de pression.
Oui sauf que j'ai compris à travers ses demis mots, ses presque non-dits, ses mots cachés dans d'autres que le boulot, même s'il était un facteur, n'était pas la raison.
Peur. Mot qui m'est trop peu étranger en terme de relations humaines.
Peur du vide, peur de l'inconnu, peur de réitérer les mêmes erreurs encore et toujours.
Alors j'ai parlé de mes peurs, un peu comme ça, en passant.
Je lui ai dis aussi que ça n'avait jamais été secret que nous soyons des passionnés, que j'avais sacrifié ma vie de femme pour ma vie de danseuse. Que jamais je ne lui demanderai de choisir entre moi et son boulot, que jamais je ne me positionnerai entre eux.
Et puis il l'a dit. Tu sais je ne pensais pas m'attacher autant à toi. Tu comptes dejà trop. Je préfère prendre les devants, et ne pas souffrir plus tard.
Je n'ai pu que fermer ma grande gueule.
Je connais trop cette phrase.
Je comprend trop cette phrase.
J'irai pas camper sur son paillasson en attendant qu'il me revienne.
Il reviendra pas.
Jamais.
Il ne voudra même plus me voir.
Parce qu'il préfère souffrir un peu maintenant que beaucoup plus tard.
Et que sans doute, les premiers papillons passés, c'est moi qui l'aurait prononcée.
Et que j'en aurai été sincèrement convaincue.
Je suis triste, perdue, je me sens abandonnée. J'ai les larmes aux yeux pour un petit flirt de quinze jours.
(Bon d'accord un mois )
J'ai honte de m'être laissée aller à croire en nous. j'ai honte de me laisser aller à être heureuse avec quelqu'un.
J'ai une folle envie de vomir. De me faire vomir. De me punir, de châtier mon corps, de lui infliger souffrance et torture pour oublier la tempête qui sévit dans mon crâne.
Et pour ne plus jamais oublier ne serait-ce que quelques jours que je ne suis pas faite pour être une femme aimée et aimante.
Je suis danseuse.
Je me contenterai d'amants. d'ailleurs j'aime mes amants d'une certaine manière.
Et ils me rendent heureuse. Ils me trouvent toujours belle. Ils rendent grâce à mon corps et n'ont d'yeux que pour moi.
Je les vois quand je veux et n'ai aucun besoin de me justifier.
Je suis une femme libre!
Et je ne me sens qu'abandonnée. Et profondément triste.
Je vais aller frapper au cinquième.
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